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Qualité de vie des personnes obèses morbides ou atteints de BPCO : des différences qui interpellent

S’il existe plusieurs travaux ayant étudié l’impact de l’éducation thérapeutique sur la qualité de vie des personnes obèses morbides, les données sont bien plus pauvres dans la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).

L’intérêt de l’étude menée par T. Bonsaksen et coll. est ainsi d’avoir suivi pendant 1 an deux groupes d’environ 50 patients chacun, les premiers ayant une obésité morbide (IMC>40) et les autres une BPCO modérée à sévère. Tous les participants ont été recrutés dans des centres d’éducation thérapeutique et de rééducation norvégiens. Les patients ont rempli un questionnaire initial puis 4 autres pendant une année, ce qui a permis de suivre l’évolution de leur qualité de vie évaluée par la Short Form 12, une échelle d’autoévaluation validée de la qualité de vie mentale, sociale et physique.

Dans le groupe des obèses, une amélioration linéaire de la qualité de vie a été constatée et ce dans tous les sous-domaines de l’outil d’évaluation. Certes, dans l’intervalle, 75,5% des malades avaient bénéficié d’une chirurgie bariatrique, ce qui pourrait expliquer ces résultats positifs, mais la même évolution bénéfique a été notée chez les patients obèses non opérés.
Au contraire, les patients souffrant de BPCO n’ont rapporté aucun effet favorable de leur prise en charge et ce quel que soit le sous-domaine de qualité de vie. Tout ou plus, il a été noté un profil fluctuant du domaine concernant la santé mentale. Ni l’âge, ni le sexe, ni la situation professionnelle n’ont modifié ces résultats.

Renforcer l’éducation thérapeutique ?

Au total, cette étude prospective montre tout d’abord que toutes les maladies chroniques fortement liées au style de vie ne sont pas « à mettre dans le même panier », car il existe, à l’évidence, des différences sous-jacentes qui pourraient expliquer en partie ces discordances. Il est aussi possible que le contenu et l’organisation des sessions d’éducation thérapeutique n’aient pas été optimaux concernant la BPCO, tout au moins dans cette étude. Cela conduit les auteurs à encourager les professionnels de santé à multiplier leurs efforts pour permettre aux malades ayant une BPCO d’accroître leur qualité de vie.

Dr Patricia Thelliez

Bonsaksen T et coll.: Trajectories of physical and mental health among persons with morbid obesity and persons with COPD: a longitudinal comparative study. J Multidiscip Health. 2016 Apr 22; 9:191-200. doi: 10.2147/JMDH.S102630. eCollection 2016.